Venue de Paris il y a quelques années, la Dr Laura Chargé a choisi Meung-sur-Loire pour y ouvrir son cabinet d'orthodontie. Un pari sur le cadre de vie, mais aussi sur un territoire en manque de soins spécialisés. Rencontre avec une praticienne convaincue que la technologie peut changer l'expérience patient.
Un choix de vie, un choix de territoire
— Pourquoi avoir choisi de vous installer dans la région orléanaise ?
Je viens de Paris. Nous avons decouvert Orléans il y a quelques années et nous avons beaucoup aimé la ville d'Orléans — la proximité avec Paris, le centre-ville, l'espace, le cadre de vie. On a décidé de sauter le pas.
— Et plus précisément à Meung-sur-Loire, plutôt qu'en centre-ville d'Orléans ou en proche périphérie ?
C'est dans la même philosophie : on avait besoin d'espace. J'étais déjà venue plusieurs fois à Meung-sur-Loire avec mes enfants, j'avais beaucoup aimé cette ville — son centre, son château, tout ce qu'elle offre. Et en faisant mes recherches, j'ai réalisé qu'il n'y avait pas d'offre de soins en orthodontie dans cette zone. J'ai rencontré la maire, un local était vacant, et j'ai trouvé que l'emplacement me convenait parfaitement : accessible, agréable, avec de l'espace.
Un territoire en sous-effectifs médicaux
— Comment percevez-vous l'offre de soins orthodontiques sur l'agglomération orléanaise ?
Il y a clairement moins de praticiens dans la zone où je me suis installée. Sur le secteur Meung-sur-Loire et alentours, il n'y avait pas d'orthodontiste. J'ai des connaissances qui habitent dans ce secteur : les gens n'avaient pas forcément envie d'aller jusqu'à Orléans pour ce type de soins. Je prends en charge des enfants, des adolescents, des adultes. Et j'ai de la place pour faire évoluer le cabinet, pourquoi pas à terme travailler à plusieurs.
— Le désert médical, c'est une réalité dans ce secteur ?
Oui, ça s'applique aux dentistes et à l'orthodontie. Le Loiret est aujourd'hui considéré comme un désert médical, hormis deux villes : Orléans et Olivet. L'ensemble du département est classé en zone sous-dotée en offre médicale — et ça inclut les soins dentaires. Meung-sur-Loire est quand même une particularité : c'est une ville hors-agglo qui a la plus grosse densité en termes de propositions de soins. Il y a une importante maison médicale, des kinés, une psychologue, une podologue, des infirmières, des sages-femmes. La ville a su regrouper des professionnels de santé. Ce qui n'empêche pas que, globalement, le Loiret reste en sous-effectifs sur l'offre dentaire.
La technologie au cœur de la pratique
— Je crois savoir que vous êtes un peu une « geek de l'orthodontie »…
J'ai essayé de faire un cabinet 100 % numérique, avec des technologies de pointe. Ça fait dix ans que je ne prends plus d'empreintes avec de la pâte. J'ai investi dans une nouvelle caméra intra-orale, je fais de la modélisation 3D — ce qui permet, notamment pour les traitements par aligneurs, de visualiser l'objectif du traitement et de prévisualiser le résultat final avec le patient. On peut aussi imprimer directement des modèles, ce qui rend le service plus rapide et les travaux plus précis. Je me sers systématiquement de cette technologie parce que je gagne en précision, en rapidité, et ça améliore le confort pour le patient.
— Et l'intelligence artificielle, ça a déjà un impact concret dans votre pratique ?
Beaucoup, oui — et sur plusieurs aspects. Dans les logiciels qu'on utilise pour traiter les données des patients, l'IA et les algorythmes nous permettent de n’omettre aucune informations et d'obtenir des résumés et des comptes rendus mieux organisés . Mais c'est surtout au cœur du traitement par aligneurs en 3D : c'est cette technologie qui permet de réaliser ce type de traitement en clinique.
Conseils aux parents : à quel âge consulter ?
— Quels conseils donneriez-vous à des parents qui cherchent un orthodontiste ?
La question qui revient le plus souvent, c'est : à quel âge amener mon enfant ? Et c'est compliqué d'y répondre sans avoir vu l'enfant. Si on observe une incohérence dans la fermeture buccale — une mâchoire trop en avant, trop en arrière, un décalage entre le bas et le haut — ce sont des enfants à voir rapidement, parce qu'on peut encore agir sur le potentiel de croissance.
S'il s'agit d'une malposition dentaire isolée, on peut très bien attendre plus longtemps. En France, pour des raisons administratives, il faut que le traitement soit initié avant 16 ans pour qu’il soit prit en charge par la sécurité sociale. Mais globalement, je recommande,en cas de doute, un dépistage précoce : ca permet de ne pas passer a coté d’une necessité de traitement précoce et cela évite des traitements plus lourds par la suite.
— Faut-il nécessairement passer par un dentiste pour vous consulter ?
Pas du tout. On peut venir directement, en première intention. Les dentistes nous envoient souvent des patients parce qu'ils détectent les problèmes, c'est vrai. Mais en cas de doute, on peut venir consulter directement. Je reçois en consultation, on évalue ensemble. Si un traitement est nécessaire, on le met en place. Sinon, je demande au patient de revenir dans un an, deux ans, trois ans, selon le stade d'élaboration de sa dentition adulte.
— Un dernier mot pour conclure ?
J'aimerais préciser qu'aujourd'hui, nos objectifs de traitement ont évolué : on est dans une approche plus conservatrice, notamment en termes d'extractions. On a des solutions à la fois esthétiques et fonctionnelles pour les enfants comme pour les adultes. Il n'y a pas de limite d'âge pour se lancer dans un traitement orthodontique.




