Marie-Laure, naturopathe à Orléans : « Mon objectif, c’est que chacun puisse manger de tout, raisonnablement »

Marie-Laure Faucheux Naturopathe

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Mère de trois enfants, ancienne analyste de données dans la banque, Marie-Laure a choisi de se reconvertir dans la naturopathie, une passion transmise par sa mère. Spécialisée en santé fonctionnelle et en hormonologie, elle nous explique sa vision d'une naturopathie rigoureuse, loin des clichés sur les régimes restrictifs.

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Un parcours atypique

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?

J'ai 35 ans, je suis mariée à un entrepreneur agricole qui travaille dans le bio et l'agriculture raisonnée, et nous avons trois enfants. Avant de me lancer dans la naturopathie, j'étais analyste de données dans une grande banque.

En réalité, la naturopathie découle de ma passion. J'ai été élevée là-dedans par ma maman, que ce soit pour les petits rhumes ou le bien-manger équilibré. J'ai baigné dans cet univers depuis toute petite. Quand j'ai eu mes trois enfants, j'ai eu envie de reproduire ça pour eux. Et puis j’ai réussi à me débarrasser de mon eczéma, ça a été un déclic. Après mon deuxième enfant, j'ai pris un congé parental et j'ai commencé ma formation.

Où avez-vous suivi votre formation ?

J'ai suivi une formation sérieuse à l'école ENA & MNC, dans le Jura. J'ai dû m'y rendre deux fois quinze jours, le reste se faisait à distance. Au total, j'ai suivi plus de 1 600 heures de cours, avec des intervenants, dont certains avaient fait médecine et des spécialistes de différents domaines de la naturopathie.

La santé fonctionnelle, une approche différente

Vous vous êtes spécialisée en « santé fonctionnelle ». Qu'est-ce que cela signifie ?

C'est différent de la naturopathie classique. Moi, je fais faire des analyses poussées à mes clients. Le médecin fait des analyses pour trouver un problème lésionnel, nous on fait des analyses qu'on appelle fonctionnelles : c'est individualisé et précis. C’est de la prévention.

Le but n'est vraiment pas de poser un diagnostic ou de trouver une maladie. L'objectif, c'est d'optimiser l'assiette de la personne et sa prise de compléments alimentaires en rapport avec sa biologie personnelle. Parce qu'aujourd'hui, beaucoup de gens prennent des compléments alimentaires, et souvent ils font des erreurs. Il y a des interactions à surveiller avec les traitements médicamenteux, et même entre les nutriments eux-mêmes qui peuvent empêcher une absorption optimale.

Comment fonctionnent ces analyses ?

Je travaille avec un laboratoire spécialisé basé en Belgique. Je fais la demande pour le client sur leur site professionnel, je sélectionne les tests que je préconise et le client valide et paye en ligne. Il reçoit le kit chez lui par la Poste.

Ça peut être des analyses d'urine, de selles, de salive. Pour les prises de sang, le client va dans un laboratoire de ville classique, paie 10 euros pour le prélèvement, récupère ses tubes et les renvoie dans un colis avec un pain de glace. Tout est bien expliqué, mais il y a une procédure assez précise à suivre.

Le déroulement d'une consultation de naturopathie

Comment se passe une première consultation ?

Je reçois la personne pendant une heure et demie. Je fais un bilan complet avec beaucoup de questions. Ensuite, je recoupe tout chez moi – ça demande pas mal d'heures de travail – entre ce que la personne m'a dit, ses réponses aux questionnaires et mes propres observations.

Après ce bilan, je préconise des analyses pour être précis et aller plus vite. Sinon, cela peut prendre plus de temps. Si la personne n'a pas les moyens de faire ces analyses, on peut procéder autrement : on teste des choses, et avec le temps on ajuste jusqu'à trouver ce qui fonctionne. Ça prend juste plus de temps.

Pour quels types de besoins vient-on vous consulter ?

Principalement du digestif et de l'hormonal, parce que j'ai fait une formation en hormonologie. Ça peut être pour tous les moments un peu charnières de la vie d'une femme ou d'un homme : puberté, ménopause, andropause…

J'ai aussi eu des cas de stress, de reflux gastro-œsophagiens, de perte de poids – les problématiques assez classiques en fait.

La naturopathie et la médecine

Comment les médecins perçoivent-ils la naturopathie ?

Aujourd'hui, il y a de plus en plus de médecins qui changent d'avis et commencent à apprécier ce travail de collaboration. Quand ils ont des patients avec des problèmes qui ne leur semblent pas strictement médicaux, ils peuvent les orienter vers un naturopathe.

Mais de manière générale, les médecins ne regardent pas du tout la naturopathie d'un bon œil. Et c'est compréhensible, parce qu'il y a beaucoup de charlatans. Des gens qui ont fait une formation en deux jours, parfois via l'ancien CPF, et qui se disent naturopathes. C'est très dangereux, parce qu'ils peuvent donner des conseils contre-productifs, voire dangereux pour la santé.

Comment vous positionnez-vous par rapport au médical ?

Le médecin a toujours raison. Le médecin donne un traitement, ce traitement doit être suivi. Je n'ai pas le droit de dire à quelqu'un d'arrêter son traitement, et jamais je ne ferai ça. Venir me consulter, c’est le fruit d’une démarche personnelle du client qui, après un certain temps, n'arrive pas à s'en sortir malgré les traitements et souhaite essayer autre chose de plus naturel.

Bien choisir son naturopathe

Que diriez-vous à quelqu'un qui cherche un naturopathe à Orléans ?

C'est une question difficile ! Tout dépend de ce que la personne a envie d'entreprendre. On peut tomber sur des naturopathes qui vont dire « il faut arrêter le gluten, arrêter les produits laitiers, arrêter ci, arrêter ça ». Moi, ce n'est pas du tout mon optique. Je suis plus dans l'équilibre et la diminution progressive pour arriver au seuil de tolérance de chacun.

Je dirais aux gens de ne pas aller vers quelqu'un de trop sectaire, trop radical dans ses protocoles. Il faut se renseigner, regarder le site internet, les diplômes privés car nous ne sommes pas reconnus par l’état, l'expérience, les avis. Moi-même j'ai consulté différents naturopathes avant de me former, et j'ai été déçue. Certains ne voient vraiment pas les dangers, donnent des plantes qui ont des contre-indications... Il faut être sûr de ce qu'on fait.

Quelle idée reçue sur la naturopathie vous agace le plus ?

« Arrêtez le gluten, arrêtez les produits laitiers et mangez des graines. » Ça, c'est le préjugé classique. Ça m'agace parce que je ne travaille pas du tout comme ça. La naturopathie, c'est de la logique adaptée à la personne. Ce n'est pas une généralité. Ce qui est bon pour l'un n'est pas bon pour l'autre.

Plus on fait un régime restrictif, moins on tolère de choses, et avec le temps on tolère de moins en moins. On crée des carences et des déséquilibres. La normalité, c'est de pouvoir manger de tout. Mon objectif, c'est de rééquilibrer pour que la personne puisse justement manger de tout raisonnablement, en évitant de se rendre malade.


Retrouvez plus d'informations sur le site du cabinet de naturopathie de Marie-Laure Faucheux.

Article publié le 21 Jan, 2026

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