Coupe du monde de basket 2031 en France : pourquoi Orléans n’était pas au niveau

NOUVEAU

Ajoutez gratuitement votre site dans cet article.

En savoir plus

C'est une première historique pour le basketball français. La FIBA a officiellement attribué à la France l'organisation de la Coupe du monde masculine 2031, annoncée le 22 avril 2026. La compétition regroupera 32 équipes nationales et se déroulera du 29 août au 14 septembre 2031, avec une phase finale à Paris.

Trois villes ont été désignées sites hôtes : Paris (Accor Arena), Lyon (LDLC Arena) et Lille (Stade Pierre-Mauroy). Victor Wembanyama, prodige et star des San Antonio Spurs, sera l'une des attractions majeures de l'événement à domicile.

Mais voilà.. Orléans, malgré son stade Comet rutilant et d'une capacité de 10.000 places n'a pas été retenue pour accueillir de matchs. Pourquoi ?

L'Arena du Loiret dans la course… avant d'en être éliminée

Orléans a failli faire partie de l'aventure. Le CO'Met — l'Arena du Loiret — figurait bien dans les premières réflexions de la Fédération Française de BasketBall (FFBB). La salle inaugurée en 2022 est l'une des plus modernes de France, et les Bleus l'ont visitée à cinq reprises en trois ans, notamment pour des préparations olympiques. Les places n'étaient d'ailleurs pas données en comparaison avec les tarifs plus modérés des matchs de l'OLB le club résidant.

Jean-Pierre Hunckler, président de la FFBB, a lui-même confirmé l'intérêt initial pour la capitale ligérienne :

« Elle était dans nos choix. Malheureusement, la capacité et le niveau de l'hôtellerie orléanaise ne répondaient pas au cahier des charges de la FIBA. La ville d'Orléans, le Conseil Départemental du Loiret et la région Centre-Val de Loire étaient prêts à nous aider. Ils sont très motivés par le basket, concernés par leur club. Pour eux, cela a été une déception quand nous avons été obligés de leur dire qu'on ne rentrait pas du tout dans les critères de l'hôtellerie sur Orléans, même en tentant de discuter avec la FIBA. »
— Jean-Pierre Hunckler, président de la FFBB

Un cahier des charges hôtelier hors de portée

Pour une Coupe du monde FIBA, les contraintes logistiques sont considérables. Les 32 délégations participantes représentent plusieurs centaines de personnes devant être hébergées dans des conditions très précises, sur une durée pouvant dépasser deux semaines pour les équipes les plus avancées dans la compétition.

La FIBA exige notamment que plusieurs délégations puissent résider dans un même établissement de très haut standing — ce que l'on appelle la règle des « gros porteurs ». Concrètement, cela suppose des hôtels capables d'accueillir simultanément une centaine de personnes dans des chambres respectant des critères stricts de surface (au minimum 24 m² pour une chambre double) et de services : conciergerie, room-service 24h/24, climatisation, coffres-forts en chambre. Des standards qui correspondent à la catégorie 5 étoiles selon le référentiel français d'Atout France, lequel évalue plus de 240 critères.

Or, le parc hôtelier d'Orléans ne compte aucun établissement 5 étoiles. Les meilleures adresses de la ville atteignent 4 étoiles — l'Empreinte Hôtel & Spa, le Mercure Bords de Loire, le Novotel Centre Gare — des établissements de qualité, mais insuffisants au regard du cahier des charges international.

Les hôtels de grand luxe les plus proches sont des châteaux en Sologne, à une quarantaine de kilomètres (La Borde en Sologne, le Relais de Chambord), peu adaptés à la logistique sportive intensive d'une telle compétition.

Malgré l'implication des élus locaux — la Mairie d'Orléans, le Département du Loiret et la Région Centre-Val de Loire s'étaient tous mobilisés pour soutenir la candidature — et même après des tentatives de négociation directe avec la FIBA, aucune solution n'a pu être trouvée.

Les stars NBA : des exigences logistiques de très haut niveau

Ce n'est pas une particularité de la Coupe du monde : pour les basketteurs d'élite, et plus encore pour les joueurs NBA, la question de l'hébergement est un enjeu majeur à chaque grande compétition. Les JO de Paris 2024 l'ont parfaitement illustré.

Alors que la grande majorité des délégations résidait au village olympique de Villeneuve-d'Ascq, les équipes masculine de France et des États-Unis ont toutes deux décliné cette option. Les Bleus de Victor Wembanyama ont installé leur camp de base au CREPS de Wattignies, à l'écart de l'effervescence collective.

Les Américains, eux, ont privatisé un hôtel 5 étoiles en plein centre-ville de Lille, garantissant à LeBron James, Stephen Curry et leurs coéquipiers un niveau de confort, de sécurité et d'intimité impossible à atteindre dans une résidence collective.

Pour la Team USA en particulier, ce type d'organisation est devenu une norme. Habitués en saison régulière aux charters privés, aux suites d'hôtel et aux protocoles de récupération élaborés, les joueurs NBA ne transigent pas sur ces standards même en sélection nationale.

La sécurité joue également un rôle central : privatiser un établissement permet de contrôler les accès, de limiter les contacts non maîtrisés avec le public et la presse, et de protéger des athlètes dont la valeur médiatique est considérable.

C'est exactement ce type d'infrastructure que la FIBA exige à l'échelle de toute une compétition mondiale. Une exigence que Paris, Lyon et Lille peuvent absorber. Pas Orléans, du moins pas encore.

Une déception réelle, une reconnaissance indirecte

Il serait injuste de réduire cette éviction à un simple échec. L'Arena du Loiret s'est imposée ces dernières années comme une salle de référence pour les Bleus, et l'OLB bénéficie d'un investissement local sans équivalent dans la région. Le basket y est une affaire sérieuse.

Mais la Coupe du monde 2031 s'annonce comme un événement planétaire — le premier du genre en France — et les exigences qui l'accompagnent reflètent une réalité économique et logistique d'une tout autre échelle. Pour Orléans, la déception est à la mesure de l'ambition.

Article publié le 24 Avr, 2026

Pour continuer la lecture