Réaménagement cyclable de l’avenue Dauphine : la concertation s’ouvre dans un climat électrique

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La Métropole d’Orléans a présenté, ce lundi 31 mars, ses premières pistes pour réaménager l’avenue Dauphine. Quatre scénarios étaient sur la table, aucun ne faisant l’unanimité dans une salle comble et parfois survoltée.

Le ton a vite été donné : plus de 2h30 d’échanges nourris, des applaudissements, des brouhahas et quelques tensions ont rythmé cette réunion publique, preuve que l’avenir de cette artère structurante du quartier Saint-Marceau ne laisse personne indifférent. En toile de fond : l’essor des déplacements à vélo, la volonté d’apaiser la circulation et la difficile équation du stationnement.

Un trafic dense, un enjeu de sécurité

Chaque jour, l’avenue voit passer 2.000 véhicules dans le sens nord-sud, dont la moitié en transit. Le flux inverse atteint même les 3.000 passages.

Face à cette densité, le besoin d’améliorer la cohabitation entre usagers devient pressant, d’autant que la fréquentation cyclable explose : 1,3 million de passages par an sur le pont George-V. Un chiffre qui pousse la Métropole à imaginer une liaison douce continue sur cet axe.

Mais la sécurité reste un point d’achoppement majeur. Certains dénoncent l’absence d’alternative de stationnement, d’autres la dangerosité pour les enfants dans la rue Saint-Marceau, particulièrement exposée en cas de report de trafic vers cette petite rue presque parallèle.

Plusieurs voix ont évoqué l’absence de “zone bleue” ou de contrôle des stationnements longue durée, occupés à 10 % par des non-résidents, ceci pour libérer des espaces de parking qui risquent de disparaitre avec l'arrivée d'une piste cyclable.

Quatre hypothèses sur la table

Les scénarios proposés diffèrent principalement par la configuration du stationnement et le sens de circulation :

Hypothèse 1 : double sens maintenu, stationnement longitudinal et suppression d’environ 50 % des places (88 conservées sur 180). Des trottoirs élargis et des pistes unilatérales. Cette option, soutenue notamment par Auchan, séduit par son équilibre entre ambition cyclable et maintien d’un flux automobile.

Hypothèse 2 : mise en sens unique sud-nord avec une piste bidirectionnelle et stationnement limité à un seul côté de la voie. Cette solution optimise la sécurité pour les cyclistes mais induit une perte notable de stationnement.

Hypothèse 3 : piste bidirectionnelle avec maintien du stationnement en épi des deux côtés. Une hypothèse jugée peu réaliste du point de vue de la sécurité, ayant suscité un vif tollé dans la salle.

Hypothèse 4 : compromis avec un stationnement mixte (en épi d’un côté, longitudinal de l’autre), mais qui ne règle ni la question de la sécurité, ni celle de la fluidité.

Une cinquième piste, centrée sur la rue Saint-Marceau et incluant une possible transformation en “rue scolaire”, a aussi émergé des discussions.

Des riverains inquiets, des commerçants méfiants

Les scénarios entraînant une réduction du nombre de places de stationnement inquiètent fortement les riverains, surtout en l’absence de solutions alternatives crédibles. Un foncier appartenant à Orange pourrait permettre de récupérer 20 à 30 places, mais rien n’est acté.

Les commerçants redoutent quant à eux une baisse de fréquentation si l’accès automobile devient plus contraint. Les propriétaire de Auchan et de la pizzeria ont vivement critiqué le blocage de la circulation automobile.

La perspective de devoir traverser une piste cyclable ou les rails du tram pour sortir de leur garage crispe certains habitants.

Et maintenant ?

Si les hypothèses 3 et 4 semblent déjà reléguées au second plan, les réflexions se poursuivent autour des options 1 et 2, voire d’un scénario complémentaire axé sur Saint-Marceau. Le président de la Métropole, Serge Grouard, l’a rappelé : aucune décision n’est prise, et une nouvelle réunion publique est prévue avant l’été.

Le projet, inscrit dans le plan vélo métropolitain, se veut ambitieux en matière d’environnement et de qualité de vie. Mais il ne pourra aboutir qu’au prix d’un équilibre subtil entre sécurité, accessibilité et acceptabilité locale.

Article publié le 7 Avr, 2025

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